Notre premier recueil est là!

Bien peu après regroupe les textes écrits pour l’atelier “En confinement”. Un grand bravo aux participant.e.s!

En un peu plus de soixante textes, les auteurs peignent une image multiple et personnelle de la pandémie en nous accueillant dans l’intimité de leur expérience d’une vie confinée.

Le recueil est disponible au prix de 10.- /pièce. A commander à l’adresse: info@poulpe-fiction.ch

Laissez l’encre et les mots jaillir

Vous cherchez un atelier d’écriture dynamique pour améliorer votre pratique d’écriture, mener à bien un projet littéraire ou parcourir votre imaginaire?

Les ateliers d’écriture créative Poulpe Fiction vous accueillent dans un cadre inspirant, au centre de Lausanne. Au programme: cultiver un imaginaire tentaculaire, faire couler de l’encre, explorer la littérature dans toutes les directions, ne pas hésiter à plonger dans l’océan des mots!

La philosophie

Les ateliers d’écriture créative Poulpe Fiction ouvrent un espace de liberté. Ici, les mots se propulsent dans toutes les directions, et ni la raison, ni l’orthographe, ni le politiquement correct ne peuvent leur faire obstacle. Les seules contraintes admises sont celles qui nourrissent la créativité ou la poussent à cracher son encre.

Chacun d’entre nous, à tout âge et quelle que soit sa formation, a des mots à exprimer et la capacité d’écrire. Que vous soyez novice, débutant, amateur ou expert du texte, les ateliers Poulpe Fiction sont là pour vous donner le temps d’explorer votre part créative et vous guider dans l’océan magique et mystérieux des mots. Chaque atelier propose ainsi des exercices variés, en groupe et individuels, allant de l’échauffement du poignet à l’écriture d’une nouvelle, en passant par des jeux surréalistes, des exemples littéraires et une exploration des profondeurs personnelles.

Les ateliers Poulpe Fiction forment aussi un lieu d’échange: au cours des ateliers, les participants partagent leurs textes et leur imaginaire. Chacun sort ainsi de l’atelier avec ses propres créations, mais aussi des pistes pour continuer à écrire.

Zippo et confinement

J’avais offert ce briquet à Jean, mon beau-père, deuxième père.

Il est décédé.

J’ai repris le briquet,

Je pense à lui (grand fumeur).

Il l’avait toujours sur lui.

Dans son cercueil, je lui ai mis quatre cigarettes dans la poche de sa chemise.

Philippe G.

Journal #2

Lundi 4 Avril 2020 

Je retourne au travail pour effectuer une journée complète au bureau, comme dans mes souvenirs d’avant-confinement, ou presque, je suis en chômage partiel et vais donc travailler seulement 6h46 à la place de 8h27.

Mardi 5 Avril 2020

Je me bats et trouve des arguments censés pour tenter de faire engager un de mes stagiaire en situation d’échec dans son école professionnelle afin qu’il puisse effectuer une 4ème année d’apprentissage chez nous.

Mercredi 6 Avril 2020

Je contemple mon jardin que nous avons si bien préparé ensemble, vivement que nous puissions déguster ce que nous avons planté.

Jeudi 7 Avril 2020

Conférence en ligne avec présentation d’un nouveau membre rejoignant le board de mon entreprise, diplômé en médecine. Présentation et questions très intéressantes par rapport au coronavirus.

Vendredi 8 avril 2020

Nous accueillons des amis pour partager un repas à la maison. Petit événement qui fait tellement de bien après n’avoir vu presque personne depuis tellement de temps !

Samedi 9 avril 2020

Brunch ultra réussi avec des œufs Bénédicte que j’ai enfin réussis à la perfection ! Puis soirée sushis, miam !!!

Dimanche 20 Avril 2020

Profiter du soleil et de la chaleur sur sa chaise-longue, quoi de mieux qu’avoir une terrasse ?

Matthieu J.

Me voici donc seule sur la terre

Me voici donc seule sur la terre

Seule à écouter le silence des rues

Seule à rêver 

Seule à être moi

Me voici donc seule sur la terre

Au milieu de tous ces autres

Perdue dans ce monde grouillant d’êtres vivant que l’on ne respecte plus 

Depuis longtemps 

Seule à crier

Mais pas seule à aimer

La vie ! 

Noëllie G.

Me voici donc seul sur la terre

Me voici donc seul sur la terre. 

Le pas sûr, mon corps avance instinctivement vers ces paysages gracieux. Mes yeux tentent de saisir les perpétuelles nuances de cette nature mais il faudrait s’immobiliser toute une vie pour réussir pareille entreprise. Bientôt le chemin s’effacera et je jouerai de cette musique défait de toute partition. Si le monde se sépare de l’empreinte de nos passages, je connais la route. 

Le pas sûr, je traverse les miracles et je m’émeus de la vie environnante. Mes pieds épousent le décor changeant et chaque étreinte avec cette terre nourrit mon désir de chasser l’horizon. Les oiseaux migrateurs dansent au vent qui accompagne mon effort. Les fleurs se réjouissent du souffle qui annonce le début des amours. La neige en haut des cimes prend appui sur ce murmure pour rejoindre le ciel. 

Le pas sûr, j’accueille les caresses du soleil sur ma peau. Ces bras chaleureux se déploient au-dessus des sommets et donnent naissance aux couleurs des plaines florissantes. Dans les forêts débute l’incessant bal entre ombre et lumière. Chaque feuille abrite une cascade gelée et se laisse enlacer brièvement par cette chaleur retrouvée. Bientôt les insectes viendront s’abreuvoir de l’eau fraichement délivrée par l’union des matins. 

Le pas sûr, je m’approche des lieux préservés des désirs d’expansion de tous végétaux. Peu de merveilles subsistent si loin des mers. L’orchestre laisse place aux chants des hauteurs inaccessibles et souvent encore vierge de rencontre. La mélodie de silences interprétée par ces lieux anonymes annonce la fin de l’ascension. Je contemple la cohérence de cette architecture singulière.

Les réponses engendrées par notre dialogue muet emplissent mon être de plaisir. 

Antoine T.

Je me souviens

Je me souviens des premiers mots, des premiers nous et des mains qui s’unissent

Je me souviens des moments clés qui n’ouvriront des portes que longtemps après

Je me souviens de nos envolées imaginaires et de ces mondes rêvés 

Je me souviens de la naissance du cœur, des pas avant la marche puis des premières courses que l’on croit sans fin 

Je me souviens des allégeances dictées par ces aventures partagées

Je me souviens du lien tissé aux compagnons de l’odyssée d’un été marquant 

Je me souviens des bras qui portent la vie, des histoires qui donnent la nuit et des baisers qui crée refuge

Je me souviens des peurs inavouées et du réconfort d’une main abritant la sagesse 

Je me souviens des blessures fragiles et de leurs disparitions enchantées 

Je me souviens des promesses du crépuscule, des oublis à l’aube et du jour nouveau

Je me souviens des choix qu’on ne faisait pas et des interdits à braver

Je me souviens des gestes incertains et de la délicatesse des premières rencontres 

Je me souviens des fondations inconscientes de sensibilités futurs 

Je me souviens de manquer de comprendre et du chemin dessiner par nos intuitions 

Je me souviens du temps où ne pas savoir ne nécessitait pas d’apprentissage

Je me souviens des rires et de l’hymne à l’insouciance

Je me souviens des éclats de joie et de l’espoir que ces choses ne finissent pas

Je me souviens de l’adieu et du sourire qui persistent dans nos cœurs. 

Antoine T.